Rencontre des élèves de rhétos avec Monsieur Philippe Maystadt

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Durant sa conférence[1] intitulée « L’Europe, un continent perdu », par ailleurs titre de son dernier livre, Monsieur Maystadt a plusieurs fois fait remarquer la pertinence des questions posées par nos élèves de rhétos.  En effet, il nous a accordé avant la conférence le privilège de rencontrer nos élèves de Sixième générale de transition.

 

L’occasion unique de rencontrer Monsieur Maystadt nous a été offerte et cela représentait vraiment une chance dont nous avons pu pleinement profiter.  En effet, il est venu nous retrouver, nous les rhétoriciens de l’Institut, avant la conférence qui était organisée en nos murs.  C’est en toute simplicité que nous avons pu lui poser toutes les questions qui nous venaient à l’esprit à propos de l’Europe.  A travers ses réponses, nous avons pu nous forger une image globale de l’Europe ainsi que sa situation et découvrir quelques pistes entre-autre pour mieux réussir notre examen de fin d’année, pour le plus grand plaisir de notre professeure de formation géographique et sociale, Mlle Sinave.

Maxime Bollen 6GTA

 

 

Alexis KHELFI  et Jonathan KUBWAYO nous ont remis un petit compte-rendu des questions et réponses de cette rencontre.  En voici quelques extraits.

 

1°) L’union européenne est-elle une puissance économique ?

« Oui, elle l’est, mais c ‘est une puissance en recul car son taux de croissance est trop faible.  Le redressement du potentiel de croissance fait partie de la stratégie développée par l’Union Européenne pour 2020.

Trois solutions sont envisageables :

a)Une croissance intelligente  vise à augmenter la capacité d’innovation, inventer, créer de nouvelles choses.  Pour cela il faut passer par une meilleure formation des jeunes et favoriser la recherche et le développement.

b)Une croissance soutenable, plus respecteuse de l’avenir, car nous consommons trop.  Nous devons économiser l’énergie et les matières premières en investissant dans les énergies renouvelables. »

c) Une croissance inclusive qui n’est pas une solution acceptée en Europe, car elle augmente les inégalités entre riches et pauvres.

 

2°) Pourriez-vous nous dire ce qu’est la CECA au niveau historique ?

« Il s’agit de la Communauté Economique du Charbon et de l’Acier.  Robert Schumann, premier ministre français a décidé  de mettre l’acier et le charbon de l’Allemagne et de la France sous une même autorité.  Cette unification est restée ouverte à d’autres pays et c’est ainsi que le Bénélux, l’Italie, la France et L’Allemagne se sont unis.  Ceci s’est réalisé dans un contexte économique spécifique.  Les pays étaient détruits suite à la seconde guerre, ce qui a facilité le rassemblement des pays, d’autant plus que l’Europe avait un gros éart vis-à-vis des Etats-Unis.  L’UNION FAIT LA FORCE ! »

3°) L’élargissement de l’Union Européenne est-elle une bonne chose ?

« Oui et non, en tout cas, l’Union s’élargit trop vite, ce qui provoque l’absence d’une vraie unité européenne.

Il faudrait séparer l’U.E. en une union commerciale et une union politique qui elle aurait un nombre limité d’états afin de créer un noyau dur de citoyens européens. »

 

4°)  Qu’est-ce pour vous être citoyen européen ?

« C’est sentir que l’on appartient à une communauté où l’on est co-responsable. »

 

5°) Vers quoi dirigeons-nous l’Union européenne ? Une Europe des nations ou une Europe fédérale ?

« Une Europe Fédérale laisse sous-entendre un pouvoir supra-national, ce qui veut dire que les nations perdraient un peu de leur pouvoir national au profit d’une instance de l’Union Européenne.  Or certains pays ne veulent pas en entendre parler, l‘Angleterre plus particulièrement.  De plus, pour ce pouvoir supra-national, il faudrait que l’Union Européenne soit démocratique.  Seulement, l’Union ne l’est pas car le Conseil Européen donne les grandes tendances et décide de tout pour le pilier 2 et 3 (2e pilier: la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Coopération intergouvernementale, en matière d'affaires étrangères et de sécurité ;  3e pilier: la coopération policière et judiciaire en matière pénale.)

En plus, l’U.E. n’est pas représentative et il y a trop peu de citoyens européens.

Une europe des nations signifie qu’il y aurait des politiques communes, mais qu’à côté, ce serait chacun pour soi.

Pour  une Europe Fédérale, il faudrait un noyau dur qui unirait les pays d’accord.  Mais l’union européenne s’est élargie trop rapidement, sans politique commune et sans union politique.  Un noyau dur pourrait fonctionner sous forme de fédéralisme. »

 

6°) Que représente l’euro pour l’Union Européenne ?

« La monnaie unique est un complément du marché unique européen.

Elle réduit les coûts de change

C’est un facteur de stabilité permettant la confiance des marchés

S’il n’y a pas forcément d’impact avec les investissements étrangers, elle booste les échanges entre les pays membres. »

7°) Pensez-vous que l’entrée de la Turquie dans l’U.E. est un atout ?

« Oui, ça l’est.  C’est un grand marché, avec beaucoup de consommateurs et un bon PIB avec une bonne croissance. »





[1] Conférence organisée et présentée par Monsieur Tanzili (CDH) que nous remercions par ailleurs.